Histoire

Avant la construction du chemin de fer

Le Rothorn de Brienz était un lieu célèbre bien avant l'ouverture du chemin de fer du Rothorn. En 1829, on marqua d'une stèle de granit le point où se rencontrent les frontières des cantons de Berne, Lucerne et d'Obwald. Comme le Faulhorn, le Rothorn était un des points de vue le plus célèbres de l'Oberland Bernois. Nul ne sait qui donna son nom au Rothorn et pourquoi. Une légende narre que, en 1380, des vachers d'Obwald qui possédaient des alpages sur le territoire lucernois, firent bouillir un habitant d'Entlebuch dans un chaudron plein de petit-lait. Un gardien, voulant empêcher de tels méfaits à l'avenir, souffla si fort dans sa corne, qu'il mourut sous l'effort, sa corne rougissant de son sang. Il existe en Suisse environ 35 sommets appelés Rothorn, dont 17 se trouvent au Valais et 11 dans l'Oberland Bernois.

Les constructeurs du chemin de fer

La construction de la Rigibahn en 1871, prouva que les locomotives à vapeur pouvaient vaincre les montagnes. L'Oberland Bernois voulant rivaliser dans le tourisme avec la Suisse centrale, il se forma en 1889 un comité composé de citoyens de Brienz intéressés à la matière, sous la direction de l'ingénieur allemand A. Linder, qui habitait à Lucerne. Celui-ci nourrissait alors l'ambition de construire, avec la voie ferrée du Rothorn, le chemin de fer de montagne le plus haut du monde. C'était un grand expert dans ce domaine: il avait travaillé entre autre, au chemin de fer du Gotthard. Il rédigea en 1890 la «Mémoire à propos du projet d'un chemin de fer sur le Rothorn», et c'est l'entrepreneur T. Bertschinger de Lenzburg, qui fut chargé de la construction de l'ouvrage. Déjà riche de l'expérience accumulée avec le chemin de fer du Seetal, il n'hésita pas à accepter le mandat y compris le matériel roulant pour un prix forfaitaire. Plus tard, il construisit aussi, entre autre, la voie ferrée Lauterbrunnen-Wengen.

La construction du chemin de fer

L'Assemblée fédérale octroya en 1889, la concession pour la construction du chemin de fer, et on entama les travaux dès l'été de la même année. Un rapport de l'époque affirme, à propos des trauvaux: «Une vie animée et colorée naquit sur la montagne, car les travaux démarrèrent immédiatement en haut et en bas, sur les éboulis comme dans les portions rocheuses. L'hébergemant et le ravitaillement des ouvriers posèrent des problèmes accrus; il fallut d'abord leurs aménager jusqu'à des hôpitaux. Leurs effectifs atteignirent jusqu'à 640 hommes, des Italiens pour la plupart, qu'on logea dans des baraquements neufs comme dans de vieux refuges alpins, de la manière simple et pour eux si pratique qu'ils connaissaient bien.»

Une partie du matériel et du ravitaillement fut transportés à dos de mulet, mais beaucoup aussi à dos d'homme. Tout se déroula pour le mieux, en dépit d'innombrables difficultés.

Le 31 octobre 1891, la première locomotive à vapeur a atteint le sommet du Rothorn de Brienz. L'exploitation débuta le 17 juin 1892 et jusqu'en 1914, les trains à vapeur ont circulé régulièrement durant les mois d'été sur le Rothorn de Brienz. Lors de la première guerre mondiale, l'exploitation a dû être interrompue et n'a redémarré qu'en 1931, après 16 ans d'arrêt. Entre temps le chemin de fer du Rothorn de Brienz devint la seule compagnie dont les trains à crémaillère étaient à vapeur. Tous les autres chemin de fer furent électrifiés. C'est seulement maintenant qu'est reconnu et honoré la valeur du train du Rothorn. Il représente aujourd'hui la mémoire vivante de la vapeur romantique du temps passé.

 
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